Monographie des villages sénoufo Tagba

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I - Création et situation géographique du village
II- L'organisation politique du village
III - L'organisation sociale du village
IV - L'organisation religieuse du village
V - Le développement du village


MONOGRAPHIE 2006 / 2007

Village de : KOLOKO



Sous la direction de :

Abbé Matthieu Sebou TRAORE
Zanga Lassina Nestor TRAORE


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A - Les closes de l'enquête

" Objectifs : conserver l'histoire de nos villages
" Moyens : enquêtes et transcription pour fixer la mémoire
" Perspective : faire découvrir cette histoire à nos enfants et faire
" Connaître nos villages aux autres qui pourraient intervenir dans le domaine du développement.


NB : Nous souhaitons mettre tout le monde à contribution pour la fixation de cette mémoire. Le présent travail qui est un premier jet, comporte certainement des insuffisances qui, avec l'aide de tous, pourront être comblées. Ill sera rendu disponible pour tous et sera utilisé dans les milieux scolaires et académiques. Merci de votre participation.


B - Identification de l'enquête.


Village de : KOLOKO

Commune de : KOLOKO

Province : KENEDOUGOU

Noms des enquêteurs : TRAORE BAKARY et TRAORE ABDOULAYE

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I - Création et situation géographique du village


A- Nom et situation géographique

1 - Le nom du village

Le nom du village sur la carte administrative est Koloko et ses habitants appelés Kolokolais en français. En dioula, le village est également appelé Koloko et ses habitants Kolokokaw. En sénoufo le village est appelé comme en dioula Koloko et les habitants Kolokobi.

2 - Situation géographique du village

Le village de Koloko est situé dans la province du Kénédougou dans l'ouest du Burkina Faso. Le village est érigé en commune rurale. Koloko est situé à 50 km du chef lieu de la province qui est Orodara. Il faut aussi noter que le village de Koloko est à moins de 5 km de la frontière avec le Mali.
Le village comprend trois (3) grands quartiers qui sont :
- Le quartier senoufo
- Le quartier dioula
- Le quartier dit " Kougué " ce qui veut dire l'autre côté de la rivière

B- Les récits de fondation et les événements du village

1 - Quelques récits recueillis

Version de TRAORE Moussa.
Monsieur Siguimèguè, un Tisserant originaire du village de Natindougou avait quitté sont frère pour s'installer sur le site de l'actuel village de Koloko. Le nom de son atelier et de son lieu d'installation donna le nom du village KOLOKO.
La famille de Siguimèguè s'appelle les <<Djipèribi>>. Cette famille est devenue de vaillants guerriers installés au bord du marigot avec une stratégie lui permettant de se défendre en cas d'attaque.
Avant de repartir dans le village de Natindougou, Siguimèguè avait brûlé un arbre comme signe distinctif d'occupation des lieux.
Un chasseur du nom de DIARRA Fantono, lors de sa chasse, s'était construit une hutte comme lieu d'habitation car le lieu lui convenait pour son activité. Siguimèguè de retour du village de Natindougou, est venu trouver DIARRA Fantono sur les lieux. Siguimèguè lui ordonna d'aller dans la brousse de Sintasso pour exercer sa chasse. Ce qui donna l'appellation du village <<Fantono Koloko>> par d'autres.
De nos jours, dans le village de Koloko, en plus des familles TRAORE nous avons des Familles BAMBA venue du village de Sanna, SANOGO venue du village de Sintasso, DIABATE venue du village de fougnana, des OUATTARA et SANGARE de provenances inconnues.
Le village de Koloko a été fondé sous le règne du roi Babemba.
Sous le règne de Yawaga en qualité de chef du village de Koloko, la conquête coloniale lui a attribuée le droit de chef de canton. Il refusa ce rôle de chef de canton (parce qu'il était stérile) et remit ce pouvoir à TRAORE Balikélé dans le village de Sifarasso.

Version de TRAORE Kadary.
Un chasseur du nom de Fantono était le premier à occuper les lieux. Avant de quitter pour la brousse de Sintasso, il avait coupé un arbre en signe d'occupation des lieux.
Deux messieurs du nom de Tchikodo et Woutimè venus du Mandé sont venus s'installer dans le village de Natindougou. De Natindougou, ils sont venus pour s'installer dans le site actuel du village de Koloko. Là, ils ont trouvé les lieux déjà occupés par le chasseur du nom de Fantono. Ils lui demandèrent s'il pouvait rejoindre la brousse de Sintasso où il y avait suffisamment de gibiers.
Ainsi Tchikodo et Woutimè occupent les lieux. Leur famille s'appelle <<Djipère>> et les habitants s'appellent <<Djiperbi>>.
A cette famille se sont ajoutées les familles COULIBALY, les Bounaa, Zipi et les forgerons. Les familles DIARRA qui sont dans le village de Koloko sont venues du village de Sintasso.
Le village de Koloko a été fondé il y a environ cent quatre vingt (180) ans.
Dans le village de Koloko, les chefs sacrificateurs sont les familles DIARRA, les chefs du village sont les TRAORE ou les BOUNAA, les chefs de terres sont les COULIBALY.


Version de TRAORE Daha dit Dahabélé, chef du village.
Le fondateur du village de Koloko est originaire du village de Natindougou. Le fondateur du village de Koloko et celui de Natindougou sont des frères. Le grand frère du nom de Woumémè est le fondateur de Koloko. Son petit frère du nom de Sekolo est resté à Natindougou.
Quand le fondateur était venu du village de Natindougou, il avait trouvé les gens de Sintasso. Woumémè leur a demandé s'ils n'avaient pas vu une trace, signe d'occupation des lieux. Il leur demanda de repartir dans le village de Sintasso comme ils avaient de la force.
La famille de Fantono (Perzanbii) ne peut pas construire une maison dans le village de Koloko ; de même, les Djiberbi résidants à Koloko ne peuvent non plus construire dans le village de Sintasso.

Version de TRAORE Naporna Samba adjoint au chef du village.
Le fondateur du village de Koloko et celui du village de Natindougou sont des frères. Le petit frère, un cultivateur avait choisi ce lieu pour s'installer. Le fondateur avait pour nom de famille TRAORE mais de nos jours il n'y a pas de TRAORE dans le village de Natindougou. La famille du fondateur appelée <<Djiberbi>> entretient toujours des relations culturelles avec les habitants du village de Natindougou. Arrivé du village de Natindougou pour occuper les lieux, il avait trouvé un chasseur du nom de Fantono DIARRA qui y résidait. Il partit et visita les brousses de l'actuel village de Sintasso et revint informer le chasseur que le gibier abondait dans cette brousse et qu'il pouvait y aller s'installer pour sa chasse. C'est ainsi que Monsieur Fantono est parti avec sa suite pour les brousses du village actuel de Sintasso. Les familles DIARRA résidantes actuellement dans le village de Koloko sont venues du village de Kartasso après avoir quitté dans la région de Kadigué et plus précisément dans le village de Sokarani ou Kanhaforion. De nos jours les <<Djiberbi>> sont les chefs du village.
Des tâches ont été attribuées à certaines familles telles que :
- la famille COULIBALY est responsable des terres.
- la famille DIARRA est responsable du <<Kounè>> l'adoration.
- la famille TRAORE s'occupe des autres lieux de cultes et joue le rôle de forgerons.
- les familles OUATTARA sont des chasseurs et font les cérémonies de " versement des eaux " des funérailles.


Version de SANGARE Kalifa, chef de la famille Sangaré.
Les ancêtres de Monsieur Yamégué, appelés les <<Djiperbi>> sont les fondateurs du village de Koloko. Le fondateur avait été rejoint par un de ses frères. L'enfant de se frère s'appelait TRAORE Nana.
La famille OUATTARA dite Dougoutigui ou chef du village est originaire du village de Téna en république du Mali pour s'installer avec les <<Djiperbi>>. J'ignore le nom du premier OUATTARA venu mais son fils s'appelait Yafoukongo.
L'oncle de Yamégué n'avait pas d'enfant et c'était Yafoukongo qui l'accompagnait dans tous les déplacements jusqu'à ce que celui-ci soit inactif.
A l'arrivée des Blancs, ceux-ci demandèrent à voir le fils du chef. La population répondit que le chef n'avait pas d'enfant. Les Blancs demandèrent la position de celui qui l'accompagnait chez eux. La population répondit qu'il n'était qu'un étranger. Et les Blancs le proclamèrent fils du chef car il était connu d'eux.
A la mort du chef du village, les <<Djiperbi>> ont voulu reprendre le contrôle et les Blancs se sont opposés en proclamant chef Yafoukongo. Ainsi cette responsabilité est revenue à la famille OUATTARA.
Les affaires culturelles sont assurées par la famille de Moussa les <<Djiperbi>>.
Comme provenance de certaines familles, nous avons :
- Les BAMBA dont certains sont originaires de la région de Nanérégué et les autres du village de Sérékéni.
- Les COULIBALY sont venus du village de Ouolokoto.
- Les OUATTARA résidants du village sont venus du village de Téna en république du Mali.
- Les OUATTARA du quartier Koko sont venus des villages de Sayaga et de Peligna.
- Les gens de Sokourani (qui veut dire nouveau quartier en Dioula) sont venus de la république du Mali.
- Les SANOGO sont venus du village de Sintasso
KOLOKO signifie " mieux se débrouiller ". Il est fondé pour la chasse et cette partie de la brousse, que vous voyez là-bas, s'appelait Koloko.


2 - les grands évènements de L'histoire du village.

Le village a été marqué par les guerres et l'occupation coloniale.

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II- L'organisation politique du village


A- La chefferie traditionnelle

1 - Les différentes chefferies traditionnelles

A Koloko, le pouvoir traditionnel est structuré de la manière suivante:
- un chef de village (Kanhafolo en Senoufo, Dougoutigui en Dioula) qui a un rôle administratif ; c'est pour cela que ces chefs étaient devenus les délégués de village sous le pouvoir de la révolution et aujourd'hui la plupart d'entre eux sont des conseillers ou sont simplement représentés par leurs enfants à cette instance. C'est au chef du village qu'il revient de prendre ou publier toute décision qui engage le village
- un chef sacrificateur (koulfolo en Senoufo). Il est chargé de l'adoration des lieux sacrés du village. Ce rôle revient le plus souvent à un membre de la famille du premier occupant du village.
- un chef de terre (tarafolo en senoufo) qui est chargé de la gestion et de la sécurité des terres qui appartiennent au village


2 - La généalogie des différents chefs

Les trois chefferies traditionnelles dont nous avons parlées plus haut sont actuellement représentées par les personnes suivantes :
- Traoré Daha dit Dahablé pour le quartier senoufo
- Coulibaly Lamine pour le quartier Dioula
- Diarra Marsa pour le quartier nommé Kougué

3 - Succession et interdits

La succession à la chefferie traditionnelle se fait dans le patrilignage. Succède au chef, l'homme le plus âgé dans la grande famille paternelle de l'ancien chef. On est chef à vie ; alors la succession n'a lieu que si le chef est mort.
Le rite de succession est tel qu'une poule doit être égorgée par un neveu de la famille de la chefferie pour permettre la passation de pouvoir.
Une femme ne peut pas accéder à ce poste.
Il n'existe pas d'interdit particulier pour le chef, mais celui-ci doit être impartial en cas de litige.
Le fait marquant qu'il faut noter dans l'histoire de la chefferie de koloko est le retrait par la force du titre de chef de village aux Ouattara par Traoré Fiyé. Ce dernier a encore marqué l'histoire du village en se donnant la mort afin que Koloko ait un grand marché.


B- La chefferie administrative

1 - Les sortes de chefferies administratives

Deux Sortes de chefferies administratives se sont succédées dans ce village : Il y a d'abord eu le délégué administratif établi sous la révolution ; il y a ensuite les conseillers avec l'avènement de la communalisation intégrale du pays.
Koloko, chef lieu de département, est une commune rurale. Ainsi, en plus de la chefferie traditionnelle il y a :
- un préfet du nom de NANA René
- un maire originaire de Koloko qui s'appelle TRAORE Salou. Il est le premier conseiller et réside à Bobo-Dioulasso
- un deuxième conseiller du nom de COULIBALY Méguédourou.

2 - Les rapports entre les deux chefferies

Les rapports entre la chefferie traditionnelle et la chefferie administrative ont été rarement conflictuels ; la chefferie traditionnelle assure l'exécution des coutumes et traditions tan disque que la chefferie administrative veille à la relation avec l'Etat. Quelques fois, ces deux chefferies sont assurées par la même personne.

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III - L'organisation sociale du village


A - La population

1 - Statistiques

Selon le recensement administratif de 2004, le village de Koloko compte 3458 habitants.

2 - Familles, ethnies et origines

Les familles qu'on trouve à Koloko sont les suivantes :
- Kanhafé kapan, le responsable est Daha Traoré
- Piengboho kapan dont le responsable est Traoré Sala
- Nèguènoho a pour responsable Traoré Kadari
- Poulona dont le responsable est Traoré Karafougo
- Sokourani a pour responsable Traoré Daada
- Zipi kapan avec pour responsable Traoré Souleymane Sougouzé
- Toutounon kapan qui a pour responsable Traoré siaka Zanga
- Kouroubarili kapan dont le responsable est Coulibaly Napé Brama
- Tchiporè a deux familles dont les responsables sont Diabaté Zanga Moussa et Diabaté Kouniba

3 - Nom de famille et totems

Il y a plusieurs noms de famille à Koloko parce qu'il y a beaucoup d'étrangers. La plupart de ces étrangers sont des fonctionnaires venus dans le cadre de leurs fonctions dans l'administration. Les noms de familles qu'on trouve à Koloko sont les suivants :
Traoré, Coulibaly, Ouattara, Diarra, Bamba, Sanogo, Konaté, Samaké, Diabaté, Bengaly, Diallo, Sangaré, Nana, Touré, Ouedraogo, Somé, Somda, Sanou, Dabira.
Les noms des autochtones sont : Traoré, Coulibaly, Ouattara, Diarra, Bamba, Sanogo, Konaté, Diabaté, Bengaly, Diallo, Sangaré.
Les noms des étrangers sont : Nana, Touré, Ouédraogo, Somé, Somda, Sanou, Dabira.

B- Les castes et associations

1 - Les forgerons

Il y a des forgerons à Koloko dont les origines restent à spécifier. Ils portent TRAORE et KONATE comme noms de famille. Ils travaillent essentiellement à la fonderie mais font également la sculpture d'ustensiles de cuisine (mortier, pilon, spatule…). Ils ne travaillent pas les objets d'art (statue sculptée ou en fonte). Leurs femmes travaillent la vannerie.
Les forgerons font des cérémonies à l'enclume. Des sacrifices sont faits à l'enclume qui est considérée comme un fétiche. Les gens, même non forgerons peuvent aller se confier à l'enclume, faisant des vœux qui nécessitent des sacrifices. Seuls les forgerons peuvent manger la viande des sacrifices à l'enclume.
Les forgerons peuvent se marier avec des non forgerons sauf avec les peuls, les griots et les bolons.

2 - Les griots

Il y a des griots dans le village de Koloko. Ils portent le nom de DIABATE et ne peuvent se marier aux senoufos et aux forgerons.

3 - Les bouffons

Il n'y a pas de bouffons dans le village de Koloko

4 - Les devins et guérisseurs

Il y a des devins et des guérisseurs dans le village de Koloko. Ce sont:

* les guérisseurs
- TRAORE Soumayira
- TRAORE Soro natégué
Les deux résident au quartier senoufo

* les devins
- TRAORE Natégué
- OUATTARA Talogotio
- TRAORE Soumayira
- KONATE Balogo
Les trois premiers résident au quartier senoufo tandis que la dernière est de l'autre côté de la rivière c'est dire Kougué.
La divination ici est un savoir qui peut se transmettre par initiation ou par apprentissage. Les cauris et le sable sont les matériels de divination. Cependant, un seul devin ne peut utiliser plus d'un de ces matériels.

5 - Les chasseurs

Il y a une organisation de chasseurs dans le village de koloko.

6 - Les associations de culture

A Koloko, il y a des groupements villageois et des groupements de producteurs parmi lesquels on peut citer :

- Binkadi :
- Sababougnouma
- Sokourani

La production, en tonnes, des trois dernières années de ces GV et GPC est la suivante :

Année / Groupement
2003/2004
2004/2005
2005/2006
Total
GV
111
133
135
379
Binkadi
30
57
64
151
Sababougnouma
20
28
48
Sokourani
15
44
55
114
Total
156
254
282
692

 

C. Musique et loisir

1 - La musique

N'eut été la disparition d'un instrument de musique du nom de " Tipigui ", le village de Koloko aurait six instruments de musique, chacun joué à une circonstance bien déterminée. Voici ci-dessous les noms de ces instruments et les circonstances dans lesquelles ils sont joués :
- les castagnettes (sitiagui en senoufo) : elles sont joués pendant les funérailles, les décès, les adorations et plus rarement dans les champs pendant les travaux champêtres
- les balafons : c'est l'instrument le plus utilisé car il est joué presque à toutes les circonstances de joie ou de douleur. Cependant, en ce qui concerne les décès, il faut noter que le balafon n'est autorisé que lorsque c'est une vieille personne qui est décédée.
- Djinignè est uniquement joué lors des décès ; c'est cet instrument qui annonce toutes les étapes du cérémonial qu'un cadavre subit jusqu'à son enterrement.
- Zapéguédio kolognè est un tambour joué lors de l'adoration du fétiche appelé Zapéguédio.
- warapignè est un instrument joué uniquement pendant l'adoration du fétiche " Wara ".

2 - Les loisirs

Le balafon est le principal élément de loisir à Koloko ; il y a deux principaux groupes de balafon dont les responsables sont TRAORE Drissa et TRAORE Kalifa

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IV - L'organisation religieuse du village


A- Les religions nouvelles

1 - La religion chrétienne

Il y a des chrétiens catholiques et protestants à Koloko. L'église protestante est née et dirigée par le pasteur OUEDRAOGO Daniel depuis le 6 juin 1993 tandis que la chapelle catholique est dirigée par le catéchiste DEMBELE Jean Louis depuis 1987. Toutes ces deux confessions sont localisées dans le quartier Dioula.

2 - La religion musulmane

Il y a la religion musulmane dans le village ; on y trouve des sunnites, des chiites et des Baya. Il y a une seule mosquée située dans le quartier Dioula ; cependant, le premier musulman était un senoufo.

3 - Autres religions nouvelles

Il n'y a pas d'autres religions nouvelles outre celles citées plu haut.

B- La religion traditionnelle

1 - Les fétiches

La religion traditionnelle qui est la première dans le village se pratique dans la relation de l'homme aux fétiches et au sacré. L'expression de cette religion s'observe dans les sacrifices et la pratique des coutumes et traditions.
Dans le village de Koloko, il existe plusieurs fétiches qui sont les suivants :
- Dambo : ce fétiche a été pris à Wolonkoto, un autre village senoufo qui est à une trentaine de kilomètres de Koloko. C'est un fétiche de la famille Traoré dont le propriétaire actuel est Séréko Traoré. Il est le troisième après Karamogo Traoré et Tchikomo Traoré. Tout le monde est autorisé à voir ce fétiche et la cola est autorisée pour son adoration.
- Zapéguédio : il y a trois types de ce fétiche dans le village de Koloko sauf que le troisième a disparu au cours de ces dernières années. Ce fétiche tire ses origines du village de " Fèrègboukaha " un autre village senoufo situé à la frontière du Mali. Le propriétaire actuel est Dioufolo Traoré ; il en est le cinquième propriétaire. Tout le monde est autorisé à voir ce fétiche et la cola est acceptée pour son adoration.
Il n'y a pas de musique propre à ces deux fétiches; pour la circonstance de leur adoration on peut simplement jouer le balafon qui est l'instrument le plus populaire du village.
- Wara : le Wara encore appelé " Ndja " est originaire du pays Miyanka au Mali. L'actuel propriétaire est Biya Ouattara qui succède à quatre autres. Il y a une musique propre à ce fétiche ; seulement, la cola n'est pas autorisée au cours de son adoration.
- Dookoro : ce fétiche est originaire de " Sokourani " dans la région de Sikasso au Mali. Le premier propriétaire fut Woutimè Traoré et l'actuel est Dahablé Traoré. Il n' y a pas de musique particulière pour ce fétiche. La cola n'est pas autorisée au cours de son adoration et il est strictement interdit aux femmes de voir Dookoro.
La période d'adoration de tous ces fétiches se situe entre décembre et mai de chaque année.

2 - Les animaux et lieux sacrés

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V - Le développement du village

A -Les infrastructures de développement

1 - Les écoles

Il y a deux écoles primaires publiques A et B à Koloko et un Collège d'Enseignement Général (CEG).

- l'école primaire publique A : construite par l'état et située au quartier Dioula, cette école présente les caractéristiques suivantes :
* ouverture en octobre 1971 par un premier bâtiment de 3 classes
* le premier directeur est Dembélé Yadougo Ousmane
* elle est normalisée en 1980
* le directeur actuel est Ouattara Kalifa Nicolas qui en est le sixième

Les statistiques pour l'année scolaire 2005/2006 sont les suivantes :

CP1
CP2
CE1
CE2
CM1
CM2
Total
Filles
31
35
39
30
20
30
185
Garcons
46
62
39
39
38
41
265
Total
77
97
78
69
58
71
450

 

- l'école primaire publique B : elle est construite par la commune de Koloko et est située sur l'autre rive du marigot. Elle présente les caractéristiques suivantes :
* ouverture le premier octobre 1991
* le premier directeur est Traoré Gnodjoutien
* la directrice actuelle est Kam Salamata Semdé et elle est le quatrième directeur.
Les statistiques pour l'année scolaire 2006/2007 sont les suivantes :

CP1
CP2
CE1
CE2
CM1
CM2
Total
Filles
27
24
12
15
11
89
Garcons
19
19
33
19
14
104
Total
46
43
45
34
25
193

- le collège d'enseignement général (CEG)
Il a été ouvert en 1989 et le premier directeur était BAZIEMO Pierre Alexis. L'actuel directeur est TRAORE Seydou ; il en est le quatrième. Le collège est situé au quartier Kougué.

2 - Le dispensaire

L'infrastructure de santé qui existe à Koloko est un Centre de Santé et de Promotion Social (CSPS) qui été construit vers 1956 par l'état. L'actuel infirmier chef de poste (ICP) est Monsieur BAZIE Baléma. Au sein dudit CSPS il y a :
- un dispensaire
- une maternité
- un dépôt pharmaceutique

3 - Le marché

Le village de Koloko a l'un des marchés les plus grands de la zone. Il se tient tous les lundis et reçoit les populations de tous les villages environnants et même d'Orodara la capitale provinciale du Kénédougou. Sur la place du marché on trouve :
* des produits manufacturés
* des produits d'élevage
* surtout les produits de cueillette et d'agriculture des populations de la zone

4 - Les forages et puits

Le village a quatre forages et un puits à grand diamètre.
- Les forages se trouvent :
" à l'école A
" au collège d'enseignement général
" à la maison des jeunes
" sur la route de Sintasso
- Le puit à grand diamètre qui a été réalisé en 1979, est situé au CSPS
En plus du puits à grand diamètre, seuls les forages de l'école primaire et du CEG sont fonctionnels. Il y a aussi quelques puits ordinaires de part et d'autres du village.
Il existe aussi un château d'eau avec trois bornes fontaines situées a :
" l'auberge
" quartier Gnaganou
" route de Sokoroni

Les terres de Koloko sont traversées par plusieurs cours d'eau qui sont Gnadia, Zakaha, Kegua, Tchibaloudo, Bamalougo et Lougboho qui traverse le village.

5. Autres

En tant que chef lieu de département et de commune rurale, il existe d'autres infrastructures à Koloko telles que :
- le service d'agriculture et de l'élevage
- un poste de douane,
- un poste de gendarmerie
- un poste de police dans la ville
- un poste de police frontalière
- une banque qui est la Caisse Populaire
- l'auberge qui est un centre d'accueil

B - La vie économique

1 - L'activité économique principale

L'activité économique principale dans le village est l'agriculture. On y cultive du maïs, sorgho, haricot, arachides, poids de terre, etc. On pratique de plus en plus la culture attelée pas rapport à la culture à la main beaucoup plus pénible et moins rentable.
On trouve aussi de grands producteurs fruitiers à Koloko, avec plusieurs variétés de manguiers et d'orangers

Il y a cinq grandes zones de brousse pour le village :

- Zakaha et Lougboho au nord
- Siwaha à l'ouest
- Gnaganouhou au sud
- Nifansigué
- Bamasigué au sud-est : on ne doit pas y travailler un jour de kapéré
- Koudo kapan à l'est : dans cette brousse, il est formellement interdit de tuer le serpent piton
- Gbaalisigué au Nord-est
- Souriyikoudo
Dans les quatre premiers, il est interdit de faire des travaux pour les céréales les lundi et vendredi.

2 - L'élevage

Le petit élevage est pratiqué dans le village. On y élève bœufs, moutons, chèvres et volailles.

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